l'église Saint-Léger de St Léger en Charnie

 

Peu d’habitations agglomérées, une route droite qui traverse un carrefour, une église peu élevée et de dimensions modestes : il est facile aux touristes pressés de passer sans rien voir.
Pourtant, cette église ne manque ni de charme ni d’intérêt : une façade nettement romane, malgré les remaniements de la porte et de la fenêtre, un petit clocher en charpente sur le bas de la nef.
A l’intérieur : le retable central du XVIIe porte des statues en bois en pierre polychrome et, détail assez rare, dans la chapelle du sud, des peintures murales du XVIIe (Adoration des Mages, Adoration des Bergers).

 

la façade occidentale romane
http://www.eglisesdefrance.com

 

L'Ecclesia Sancti Leodegarii est mentionnée en 1125 dans le cartulaire d'Evron. Elle a conservé sa façade romane. Les baies ont été refaites en grande partie au XVIIIe et au XIXe siècle.
Les charpentes ont pu être datées : celle du choeur est constituée de bois abattus en 1225 ou 1226 ; celle de la nef de bois abattus entre 1485 et 1497.
La chapelle sud a été ajoutée en 1607 par le seigneur du Fé Marin Lerouge et sa femme Marie Hennier (date portée sur la clef de l'arc de la fenêtre).
La sacristie a été construite en 1787 par le maçon d'Evron Livet (notice sur Saint-Léger, dictionnaire d'Angot) et la chapelle nord en 1858 (date portée sur le mur nord).
La tribune date de 1855 (notice sur Saint-Léger, dictionnaire d'Angot).
Une pierre tombale en grès provenant de l'ancien cimetière est remployée dans le petit emmarchement occidental et une seconde en calcaire bleu, du début du XIXe siècle, à l'entrée des fonts baptismaux.

 


 

en bleu : vers 1225-1226
en vert : (re) construit entre 1485 et 1497
en jaune : 1607
en orange : 1787
en violet : 1855
en rouge : 1858

 

 

2015

 

 

 

 

2010 - la crèche - http://aussie53.skynetblogs.be

 

L'église de Saint-Léger est constituée d'une nef unique et d'un choeur à chevet plat sur lequel ouvrent deux chapelles symétriques.
La sacristie s'appuie contre le mur du chevet.
Le pavement est en terre cuite dans la nef et en calcaire clair et pierre bleue dans le choeur.

.  

 

retable du maître-autel
(1769 - école de Laval)

Sa structure est une élévation à trois corps.
La figure centrale est une représentation du Christ encadrée par les statues de saint Léger, saint Sébastien et saint René dans des niches.
Les armes de François de Montecler et de Marie Langlois de Motteville sont représentées en cartouches.

retable
de la chapelle nord

retable de la chapelle nord

Vierge à l'Enfant, située à l'origine dans l'église de Viviers et transférée à Saint Léger après l'abandon de l'église de Viviers

retable de la chapelle sud

ici, sainte Apoline

 

Dans la plupart des pietàs, la taille du Christ est réduite afin que son corps repose sur les genoux de la Vierge. Ici le Christ a une taille normale et seuls sa tête et son torse reposent sur les genoux de Marie.

chasuble brodée

 

http://perso.wanadoo.fr/police.daniel/Riboul/SaintPierreAsse.htm

 

http://www.laval53000.fr

 


 

 

Saint-Léger - le patrimoine local
présenté aux habitants de la commune

 

article du journal Ouest-France en date du 27 décembre 2005

"Nicolas Foisneau, du service du patrimoine au conseil général, et Christian Davy, du service régional de I'lnventaire, ont présenté devant les habitants réunis à la salle des fêtes le bilan de l'inventaire du patrimoine qu'ils ont mené au printemps dernier.
Ils ont constitué 100 dossiers d'architecture sur l'ensemble des bâtiments antérieurs à 1940 et 30 dossiers sur les objets de l'église, le tout illustré par près de 500 photos avec environ 100 références documentaires.
La documentation sera rassemblée sur un CDRom et déposée à la mairie lorsque le travail réalisé sur la communauté de communes d'Erve et Charnie sera achevé.

La commune de saint Léger en Charnie se caractérisait par la petitesse de son bourg qui, au XIXe siècle, n'agglomérait qu'à peine 10% de sa population totale.
On peut l'expliquer par l'absence de voie de communication majeure et la modestie des seigneuries qui s'y trouvaient : celles du Fay et des Pins, où s'élevait un manoir détruit au milieu du XIXe siècle et un moulin disparu à la fin du XVIIIe, n'avaient pas le rayonnement des seigneuries de Ste Suzanne, de Bouillé, Thorigné en Charnie ou de Vaiges.
La majorité de la population habitait des hameaux regroupant deux ou trois maisons, voire pour 4 d'entre eux (les Cosneries, la Bouverie du Presbytère, la Pègerie, la Petite Talbotière) plus de quatre habitations."

 

tableau du XVIIe représentant le Christ prononçant ces paroles : "Lorsque le Fils de l'Homme reviendra dans sa gloire, accompagné de tous les anges, il siégera sur son trône glorieux. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis des boucs. Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Alors, à ceux qui sont à droite, le Roi dira : Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du royaume qui vous est destiné depuis la création du monde."
Les scènes de l'arrière-plan illustrent diverses oeuvres charitables : l'assistance aux pauvres, aux malades et aux moribonds.

  


 

Jean Clair, dont la famille est native de la Charnie

 

bulletin municipal

 

article du journal Ouest-France en date du 15 octobre 2010

"L'association « Rénovation et entretien de l'église » contribue depuis bientôt trois ans à sauvegarder le patrimoine et à faire revivre l'église. Philippe et Véronique Drouard, André et Danièle Cholet, les responsables, se sont beaucoup investis : remise en état des Rois Mages, de l'autel, de l'estrade et une première chasse au trésor.
« Nous avons sondé en vain le sol au pied de l'autel, à la recherche d'une crypte ou d'un souterrain. On pouvait rêver », se souvient Philippe. Le rêve est devenu réalité, sous une autre forme, la semaine dernière par le plus pur des hasards.

Philippe et André les deux « inventeurs » racontent : « Avec l'aide matérielle de la mairie, nous travaillons sur la remise en état de la voûte, des murs... L'échelle au mur a glissé laissant apparaître une trace rouge : de la peinture rouge brique. » Philippe et André ne peuvent s'empêcher de pousser leurs investigations un peu plus loin. Cette fois, c'est sûr : ils viennent de mettre au jour des peintures murales. Les services départementaux et régionaux du patrimoine sont prévenus.
Depuis la visite mercredi de Christian Davy, chercheur au service régional du patrimoine, et de Nicolas Foisneau, du service du patrimoine au conseil général, les peintures murales ont livré un peu plus leur secret. « On atteint le Moyen Âge, le XVe siècle certainement. On peut reconnaître, côté nord, un ange et côté sud, un personnage debout qui doit être Saint-André », ont expliqué les deux spécialistes.
Privées de protection, les deux peintures murales sont devenues plus fragiles. Dans un premier temps, une étude préalable est probable avec la venue d'un restaurateur. L'étude déterminera l'état, les surfaces et l'avenir possible des peintures. « On peut de nouveau rêver », indique Danièle Cholet, trésorière de l'association, avant de lancer un appel à la générosité pour aider à l'entretien et à la rénovation de l'église."

 

Voici ces 2 fresques murales, peintes en 1608,
8 ans après la construction de la chapelle sud :

l'Adoration des Mages (1608)

Huit ans après avoir construit la chapelle sud de l'église, la famille Le Rouge fait peindre 2 fresques, représentant l'Adoration des Mages et l'Adoration des Bergers. Sur ces peintures, les personnages sont vêtus à la mode du XVIIe siècle. La coiffe de la Vierge, "à la mode italienne", laisse ainsi apparaître les cheveux.

 

l'Adoration des Bergers (1608)

 


 

bulletin municipal 2011

 

 


 

 

A Saint-Léger-en-Charnie,
deux enfants du pays rénovent l'église

 

 

article du journal Ouest-France en date du 24 décembre 2016

la présidente de l'association, Véronique Drouard, entourée d'André et Danielle Cholet,
devant la crèche installée dans la chapelle sud de l'église

"Noël est l'occasion de découvrir les crèches installées dans les églises des Coëvrons.
A Saint Léger-en-Charnie, on peut également admirer la rénovation de l'église effectuée par deux enfants du pays.

Après quelques années de sommeil, l’association pour l’entretien de l’église de Saint-Léger-en-Charnie a repris son activité grâce à deux enfants du pays, Philippe Drouard et André Cholet.
Comme chaque année, elle vous invite à découvrir la crèche installée dans la chapelle sud de l’église.
L’occasion de découvrir les travaux de restauration effectués.
C’est en 2010 que la nouvelle équipe d'une dizaine de bénévoles est à pied d’œuvre pour restaurer la charmante petite église de la commune qui lui doit son nom. "On était à la retraite, on avait le temps", commente André Cholet.
Durant deux mois, la dizaine de bénévoles de l’association va se transformer restaurateurs pour redonner du lustre à cet édifice construit en 1125, puis enrichi de deux chapelles au sud en 1600 et au nord en 1852.
"Quand nous avons commencé, les murs et le plafond de la nef se lézardaient. Les chapelles étaient vertes et grise sous l’humidité et la poussière. La voûte du chœur en briques s’affaissait et le plancher de l’estrade de l’autel s’effondrait."

 


 

Philippe Drouard - bulletin municipal 2016

 

 

 

 

(à suivre)

 

Sources et lien :

 

 

 

 

 

http://www.stleger.info