la recherche du soldat oubilla

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 27 mai 1916

Mon cher petit,

J'ai reçu ce matin ton aimable lettre du 24. Je suis heureux de vous savoir en bonne santé.

Je t'envoie deux vues représentant la prise d'armes du 7 mai, à St Léger, pour la remise de la Croix de guerre au Poilu Boubilla, de la Compagnie. Boubilla est marqué par un signe. 
En face, mon capitaine tient un papier.

Embrasse bien fort Maman.

Mille baisers de ton vieux Betout

 

 

 

 

 

 

 

St Léger lès Domart, le 1er juin 1916

Mon cher petit,

C'est avec le plus grand plaisir que j'ai reçu ce matin ton aimable petite lettre ; je suis heureux de vous savoir, Maman et toi, en bonne santé.

Je t'envoie une autre vue de la remise de la Croix de guerre au Poilu Boubilla ; ce dernier y est marqué par un signe. 
Le jour de la décoration, le 7 mai, je n'étais pas ici, j'étais à Bessines.

En attendant le plaisir de vous voir bientôt, embrasse bien fort Maman.

Mille baisers de ton vieux papa

Betout

 

 

7 mai 1916 - St Léger les Domart - carte-photo - décoration du Poilu Boubilla, devant l'église

 

 

 

 

 

 


 

 

Vous l'avez vu, un soldat Betout, qui connaît Bessines, écrit à son fils et lui joins des cartes-photos de l'évènement. Boubilla est un soldat "de sa Compagnie" et "son Capitaine" figure sur les photos.
Problème : il existe deux Bessines, un en Haute-Vienne, l'autre dans les Deux-Sèvres.
Est-il de la famille de Jean-Baptiste Betout, ancien maire, dont une rue de Bessines sur Gartempe (87) porte le nom, ou bien de l'autre Bessines (79) ?
Nous pensons, vous le lirez ci-dessous, qu'Elie Boubilla, natif du Mas d'Azil, en Ariège, est "notre" Boubilla. Notre hypothèse, pas loin d'être aboutie, demande à être confirmée ou infirmée.
Merci à chacun, à chacune, de nous aider à reconstituer le puzzle.

 

 

 

Contactée, l'association généalogique "Racines à Bessines" de Bessines sur Gartempe nous répond de suite (merci !) : la signature sur les cartes postales est bien celle de Jean-Baptiste Betout, 1er magistrat de la commune dès 1912 - il est par conséquent déjà maire le 7 mai 1916 - et cela pendant 29 ans.

signature du courrier du 27 mai 1916

signature d'un registre, en mairie de Bessines sur Gartempe

Jean-Baptiste Betout, né à Bessines en mai 1871, écrit à son fils alors âgé de 11/12 ans (né en 1904). Maire avant-gardiste de 1912 à 1941, la commune lui doit la création de la salle des fêtes, du groupe scolaire, les chemins et les routes, l'ajout de "sur Gartempe" à Bessines afin d'éviter les confusions avec Bessines dans les Deux-Sèvres, la construction du nouvel hôtel des postes, l'érection du monuments aux morts, la création d'un centre de secours, l'alimentation en eau potable du bourg et des villages, l'assainissement, etc.

Jean-Baptiste Betout

L'association a d'ailleurs édité un livret retraçant sa généalogie et l'évolution de Bessines sous ses mandats racinesabessines-mairiebess@hotmail.fr

A noter - hasards ? - que Bessines sur Gartempe se trouve entre St Léger Magnazeix au nord (30 km) et St Léger la Montagne au sud (15 km) et que son église est dédiée... au saint Léger (voir notre Fourre-Tout n°11).

Cerise sur le gâteau, l'association nous joint le registre matricule du soldat Betout.

 

 


 

 

 

extrait de la fiche matricule d'Elie Boubilla

Mobilisation d'Elie Boubilla :
"Rappelé à l'activité le 1er mars 1915". Né en 1871, il a alors 44 ans, et fait partie de la classe 1891.
"Passé au 295e Régiment Territorial d'Infanterie le 28 septembre 1915". Il reste dans ce régiment jusqu'au 28 juillet 1917.

 

 

 

Citation à l'ordre du régiment - n°44 - 26 avril 1916 - historique du 295e R.I.T


 

 

 

parcours du 295e Régiment d'Infanterie Territoriale (R.I.T)
extrait du site "Le Chtimiste", qui fait autorité
http://chtimiste.com

"Créé le 1er août 1915 (...) il comprend un bataillon du 5e R.I.T, un bataillon du 95e R.I.T et un du 103e RI.T (...) Ces hommes avaient majoritairement 43-45 ans (...) A partir de mars 1916, le 2e bataillon est isolé". Il est dans la région d'Abbeville, dans la Somme, en mai-juin 1916, occupé à des travaux de chemin de fer.
Elie Boubilla, on l'a vu plus haut, est à la 6e Compagnie.
Il est par conséquent au 2e bataillon, car il y a 3 compagnies par bataillon. Cela nous est confirmé par "l'historique du 295e R.I.T" publié à Brive en 1920 et disponible sur
http://gallica.bnf.fr.

 

 

 

 

extrait de la fiche matricule de Jean-Baptiste Betout

Mobilisation de Jean-Baptiste Betout :
"Rappelé à l'activité le 1er mars 1915 ". Il a alors 44 ans et fait partie de la classe 1891
"Passé au 95e Régiment Territorial d'Infanterie le 19 mars 1915"

Le 95e R.I.T (Régiment d'Infanterie Territorial) est le régiment "d'active" du 295e R.I.T qui, lui, fait partie de "la réserve". On trouve souvent les régiments d'active mélangés avec ceux de la réserve. C'est le cas pour le 295e R.I.T qui intègre en mars 1915 un bataillon du 95e R.I.T.
C'est très sûrement celui où sert Jean-Baptiste Betout.

Cela nous est confirmé par le "Journal de Marche et Opérations du 1er Bataillon du 295e R.I.T", disponible sur le site Mémoire des Hommes (26 N 803/23), d'où sont extraits les passages ci-dessous :

 

 

 

 

le 12 mars 1916 

 

 

 

le 15 mars 1916 à la 6e Compagnie

La 6e Compagnie du 295e R.I.T - dont fait partie Elie Boubilla - arrive le 15 mars à Saint Léger les Domart.

 

 

 

le 3 juin 1916 à la 6e Compagnie

La 6e Compagnie du 295e R.I.T quitte le 3 juin St Léger les Domart, après 2 mois et demi sur place.

Entre-temps, le dimanche 7 mai, le Poilu Elie Boubilla a reçu la Croix de guerre.

Reste à savoir pour quelle raison. C'est ce que nous allons voir.

 

 

 


 

 

 

historique du 295e Régiment Territorial

"La relève du 24 février 1916 se fit par un temps de neige épouvantable ; les officiers du 4e Tirailleurs qui devaient prendre la place du Régiment arrivèrent le 28, et deux d'entre eux qui avaient été dans le secteur voisin faillirent être victimes de la destruction du poste de commandement du commandant du bataillon du 240e R. I. T qui tenait les tranchées à côté ; un obus tomba sur le poste et tua un capitaine, les autres officiers sortirent difficilement par une lucarne et vinrent manger, le soir, au P. C. du commandant du 2e bataillon du 295e à Montigny (...)"

 

 

 

 

 

historique du 240e Régiment d'Infanterie Territoriale
le chef de bataillon Dubus est blessé le 29 février 1916

le Centre de Résistance de l'Ecouvillon, commune d'Elincourt-Sainte-Marguerite (Oise)

 

 

 

Citation à l'ordre du régiment - n°44 - 26 avril 1916 - historique du 295e R.I.T


 

La Citation à l'ordre du régiment s'accompagne de l'attribution de la Croix de Guerre.

La cérémonie officielle de la remise de sa médaille a lieu quelques jours plus tard, le dimanche 7 mai, à Saint Léger les Domart.

 

 

historique du 295e Régiment d'Infanterie Territoriale - année 1916
c'est le régiment d'Elie Boubilla


 

 

Longpré-les-Corps-Saints se trouve à une quinzaine de kilomètres de Saint-Léger-les-Domart

 

 

le registre-matricule d'Elie Boubilla, né en 1871 au Mas d'Azil (Ariège) et y résidant

 

 

 

 

Le Mas-d'Azil (Lo Mas d'Asilh en occitan) est situé en Ariège, en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. C'est une ancienne bastide qui fait partie du parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises. L'altitude varie entre 275 et 580 mètres. La population, qui comptait 2000 habitants au début de la 1re guerre mondiale, est de 1200 Aziliens aujourd'hui.

 

 

la citation d'Elie Boubilla

Ordre du Régiment no 44 du 26 avril 1916 : Boubilla Elie, soldat à la 6e Compagnie, matricule 13945 "s'étant trouvé au poste de commandement d'un secteur voisin, au moment d'un violent bombardement qui a démoli le poste, a montré beaucoup de sang-froid et a participé courageusement au dégagement du chef de bataillon Dubus, ancien commandant du 295e R.I.T."

 

 

Les recherches sur le soldat Elie Boubilla sont loin d'être terminées !

Son acte de naissance le 4 juin 1871 au Mas d'Azil, comme l'indique sa fiche matricule, est introuvable : après un examen minutieux des registres et des tables annuelles, pas de naissance à ce nom et à cette date !

Elie n'est pas né au Mas d'Azil, mais probablement dans un village des environs (1)... ou bien il n'a pas été inscrit dans les registres, tout simplement oublié : c'est peu probable mais…

Son frère aîné, celui qui est "au service" en 1891 quand Elie est recensé, se prénomme Jean, né "à Fouychet", hameau du Mas d'Azil, le 15 janvier 1869.
Pierre, son frère cadet, est né "à Fouchet" au Mas d'Azil le 4 juin 1874.

Leurs parents se sont mariés au Mas d'Azil le 27 janvier 1857 :
- Héliodore Boubilla a 22 ans, "cultivateur demeurant à Fouchet dans cette commune où il est né" le 18 avril 1835, fils de Paul Boubilla, 57 ans, et de Françoise Defiat ?, 50 ans, "tailleurs d'habits demeurant également à Fouchet"
- Catherine Dupont, "âgée de dix sept ans quatre mois environ, manœuvrière demeurant à Castéras de Coutillat, dans cette commune où elle est née" le 1er octobre 1839, fille de Jean Dupont, 60 ans, cultivateur de Castéras de Coutillat, veuf de Magdelaine Massat.

(1) Ont été dépouillés en 1871 les registres des naissances de : Castéras, Mauvezin de Prat, Allières, Mauvezin de Sainte Croix, Clermont, Durban, Les Bordes sur Arize, Pailhès, Gabre, Castelnau Durban, La Bastide du Sérou, Campagne sur Arize… sans résultat...

Si quelqu'un peut nous aider à trouver l'endroit où est né Elie,

 

 

 

ous trouverez ici, écrite en 1897 par M. Boulenger, instituteur, une monographie de la commune

 

 

 

 

 

erci de fermer l'agrandissement sinon.

 

 

 

http://www.stleger.info