Jean Pérot - 46255

 

 

Jean Marcel Pérot naît le 25 janvier 1921 à Saint-Léger-sur-Dheune

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Pérot

 

Au moment de son arrestation, il est domicilié rue de Metz, devenue rue Maurice-Thorez, à Homécourt (Meurthe-et-Moselle - 54).

 

 

Il a 20 ans et est célibataire.
Il est aide-monteur à l’usine sidérurgique d’Homécourt, les Aciéries de la Marine.
C’est un "jeune catholique, très sportif et qui chantait magnifiquement", selon Charles Dallavalle, ouvrier sidérurgiste aux usines d’Homécout avant guerre et Résistant.
Pendant la guerre civile espagnole, Jean Pérot participe aux collectes de solidarité avec la population du secteur républicain.
Il est engagé dans la Résistance. Il est le chef d'un groupe O.S. du PCF. Charles Dallavalle mentionne qu’il est son chef de groupe.

 

Homécourt - l’usine derrière le centre-ville

 

Le 31 janvier 1942, parallèlement à son rapport au préfet de Meurthe-et-Moselle signalant une distribution de tracts communistes à Auboué et Homécourt dans la nuit du 29 au 30 janvier, le sous-préfet de Briey propose l’internement au centre de séjour surveillé d’Écrouves de Jean Pérot, "réputé pour ses sentiments communistes".
Le 7 février 1942, Jean Pérot est arrêté comme otage à la suite du sabotage du transformateur d’Auboué, le même jour qu'Amédéo Cavalli. Cette action de résistance déclencha une vague d’arrestations dans le département : 70, dont plusieurs dizaines de futurs “45000”.

 

 

Le sabotage du transformateur électrique d’Auboué

Le sabotage du transformateur électrique d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942, se situe dans la période où Otto Von Stülpnagel sanctionne les attentats par des avis annonçant des fusillades d’otages, accompagnées de déportations de représailles.

Le sabotage a demandé trois réunions préparatoires. La première s’est tenue à Auboué, en décembre 1941, dans le café de Joseph Schneider, qui sera déporté à Auschwitz, le 6 juillet 1942. La seconde réunion a lieu en janvier 1942 et la troisième le 2 février, deux jours avant l’opération.

Un groupe d’action, composé Giovanni Pacci, Maurice Henry et Narcisse Ippolito, vide les containers d’huile du transformateur, servant à conduire l’électricité.
Ces résistants sont couverts par un groupe de protection formé de Franco Foriani, Henri Koziol, Gino Parentelli, et d’un résistant venu de Paris (qui n’était pas Pierre Georges, le futur colonel Fabien, contrairement à ce qui a été écrit à la Libération). Entre minuit et une heure du matin, de grands éclairs sillonnent le ciel au moment où se produit le court-circuit : l’usine et la ville d’Auboué et 17 mines de fer du bassin de Briey sont plongées dans le noir. La panne dure plusieurs jours.

 

 

Hitler ordonne que 20 otages soient fusillés. Otto von Stülpnagel reporte d'un mois leur exécution, le temps de retrouver les vrais responsables. C’est ce qu’annonce l’avis du 24 février, signé par le Commandant de la Région militaire C du Nord-est de la France dont le siège est à Dijon.

 

 

Au cas où les coupables ne seraient pas arrêtés jusqu'au 10 mars 1942, 20 communistes seront fusillés en représailles et dans le but d'empêcher le retour de tels crimes.
Un document interne de l’administration militaire mentionne la déportation à l'Est de 50 autres personnes.

Les arrestations commencent dès le lendemain du sabotage : par vagues successives, du 5 au 7 février, puis entre le 20 et le 22, et au début de mars. Elles touchent principalement des mineurs et des ouvriers de la métallurgie, des militants connus de la CGT, communistes pour la plupart. Mais l’occupant ne fait pas de détail. Pour lui, militants de la CGT et communistes sont synonymes.

Ce qui n’est pourtant pas le cas d’Arsène Dautreaux, socialiste et cégétiste. Secrétaire du syndicat confédéré des métaux en 1935, vice-président de la section de Briey de la ligue des Droits de l'Homme, il avait participé à la constitution des syndicats CGT de la division d'Auboué, de la Solpa à Homécourt et en 1936, à celle du syndicat du Bâtiment d'Homécourt et de ses environs. Il était en 1937 le trésorier de l'union locale CGT de Joeuf-Homécourt. Il est arrêté le 20 février 1942, et déporté dans le convoi du 6 juillet 1942.

A la suite des interventions de l'ambassadeur d'Italie, du gouvernement français et de Speer, ministre allemand de l'Armement qui redoute les conséquences prévisibles des exécutions d’otages sur la production du bassin minier de Briey, Hitler accepte le 2 avril 1942, de renoncer aux fusillades.

Les auteurs ont été retrouvés et arrêtés en mai et juin. 16 d’entre eux sont jugés par un tribunal militaire allemand, condamnés à mort et fusillés le 29 juillet 1942 à la Malpierre.

Les otages destinés à être déportés sont emprisonnés à la prison Charles III de Nancy, puis internés le 24 février au camp d’Ecrouves, avant d’être transférés à Compiègne au début le 2 mars 1942.

Claudine Cardon-Hamet (extrait de la conférence organisée par la CGT et le PCF de la vallée de l’Orne, à Homécourt le 5 juillet 1997)

 

 

Le 5 mars, il est parmi les 39 détenus transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs, dont la déportation a fait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les "judéo-bolcheviks" responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Le 6 juillet 1942, à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train, appelé "convoi des 45000", part une fois les portes verrouillées, à 9h30. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

 

les deux wagons à bestiaux du Mémorial de Margny-les-Compiègne
installés sur une voie de la gare de marchandise
d’où sont partis les convois de déportation

 

Le 8 juillet 1942, Jean Pérot est enregistré au camp souche d’Auschwitz sous le numéro 46255.
Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée.
Il meurt à Auschwitz le 30 octobre 1942, d’après les registres du camp. Il a 21 ans.
Son nom est inscrit sur le Monument aux morts d’Homécourt (avec la date erronée "6-05-1944").
Des treize déportés “45000” de la commune, seul l'un d'eux est revenu.

 

Sources et liens :

 

 

 

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