oces au hâteau d’auteville

 

 

Il s'agit d'un article tiré du journal d'information des communes de St-Légier-La Chiésaz et Blonay n°11 d'octobre 2014 - http://www.comm-une-info.ch/index.php/fr/parutions

Quand on se mariait au Château d’Hauteville, au début du 19e siècle, les festivités duraient une dizaine de jours, avec dîners, représentations théâtrales et cérémonies diverses. Souvenirs d’un temps révolu.

 

 

ans un livre trouvé par hasard, édité en 1927 par les éditions SPES à Lausanne, il est raconté les fêtes organisées à l’occasion du mariage de Mlle Aimée Grand d’Hauteville avec M. Eric-Magnus Grand au château d’Hauteville le 23 octobre 1811. Le récit se compose des notes trouvées à l’époque dans les archives du château et écrites par une cousine de Mme d’Hauteville, Catherine Hubert, qui avait épousé le fils du syndic de Genève, Jean-Louis Rilliet.

Pour célébrer l’événement, il fallait plus qu’une noce ordinaire. La fête commença ainsi le dimanche 20 octobre. Une quarantaine d’invités de la famille arrivèrent pour le dîner. Les festivités se poursuivirent l’après-midi par un bal champêtre, seigneurs des châteaux voisins et notables veveysans, qui avaient rejoint la noble assemblée, évoluant élégamment au son d’un petit orchestre. La fête continua dans l’Orangerie où se trouvait un orgue de barbarie qui jouait une quarantaine d’airs de danse.

 

vers 1920 - le château d'Hauteville

 

Le lundi fut le jour des présents. Pour agrémenter ce moment, une troupe présenta une comédie en deux actes, "Marton et Frontin", qui avait été écrite pour l’occasion. A la fin de la journée, les parents Grand d’Hauteville firent amener un grand sapin avec des bougies sur lequel étaient suspendus de petits présents étiquetés au nom des invités.

Le mardi, on passa la journée à se préparer pour le bal masqué du soir. Ce même jour, les autorités de Saint-Légier se déplacèrent au château pour demander l’autorisation de placer des milices en costumes et armes autour de l’église le lendemain.

Au lever du soleil, le mercredi, 30 coups de canon furent tirés. Puis, à 9h, un petit concert de musique fut donné en l’honneur des hôtes. A ceux-ci on distribua une cocarde rose et blanche. Les calèches furent avancées. Dix cavaliers entourèrent celle de la mariée. Tout ce cortège se dirigea vers l’église de La Chiésaz pour la cérémonie religieuse. La milice était présente avec 50 hommes. Puis on redescendit au château. Le récit signale que 2 000 à 3 000 personnes étaient rassemblées dans les jardins. Un repas officiel eut lieu au château et un discours de circonstance fut prononcé par M. Louis Levade, le célèbre homme de sciences de la campagne homonyme. De nombreuses personnes firent part également de leurs voeux, sous forme de vers habilement troussés. A 19h, les invités et tous les badauds purent assister à un grand feu d’artifice qui précéda le bal ouvert par les jeunes mariés.

 

dessin de Patrick Nater

 

Le jeudi, tous les invités se mirent en route pour le château de Blonay où les attendait un dîner offert par Juliette de Blonay. En fin de journée, la pièce "Marton et Frontin" fut à nouveau jouée.

Le vendredi fut également très animé, avec deux représentations théâtrales au programme : on y présenta successivement "Le secret du Ménage", une pièce dans lequel le marié tenait un rôle et fut vivement applaudi, puis "La Chauvine de Milan".

Le samedi fut un jour de repos. Le dimanche 27 octobre permit à la famille Grand d’Hauteville d’inviter la milice, les autorités et toutes les personnes qui avaient oeuvré à la réussite de la noce. Terminons l’évocation de cette noce, en citant les propos du père de la mariée :
"Pour chercher un bonheur parfait
Composer un joli couplet
La chose est difficile
Eh bien
Surtout à Hauteville
Vous m’entendez bien
".

Gianni Ghiringhelli, archiviste

 

vers 2010 - le domaine d'Hauteville

 

 

 

 

 

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