aint éger ridereix n’est pas qu’un village traversant !

 

Il s'agit d'un article de signé Virginie Mayet, en date du 7 mai 2017.

 

Le moulin a été remplacé par l’entreprise ABL dans le bourg de Saint-Léger-Bridereix. © Mathieu Tijeras

 

Situé entre Dun-le-Palestel et La Souterraine, en Creuse, le bourg de Saint-Léger-Bridereix est très passant mais comme le soulignent ses habitants, la commune de 210 âmes mérite de prendre le temps de s’y arrêter.

À deux pas de l’église romane, Denise nous reçoit avec le sourire. La centenaire du village est en train de converser avec Fernande, la voisine, dans une cuisine qui est restée dans son jus. Fernande raconte qu’elle est née ici, dans cette même pièce, à une époque où Saint-Léger-Bridereix comptait encore des commerces et plusieurs moulins.

Un meunier était même installé en plein bourg, à la place de l’entreprise ABL, spécialisée dans l’aliment de bétail et qui emploie une vingtaine de personnes aujourd’hui. Fernande était la cantinière car il y avait une école jusqu’en 1989. Ce bâtiment abrite désormais la mairie. Et juste en face, l’auberge du Chêne Vert. Fermée. Le maire, Michel Burille, aimerait bien la retaper et trouver un jeune couple "à condition que notre petite commune trouve le financement ?!" Alors il se bat.

 

 

Le Chêne Vert... un café auberge que Georges Bordes, lui aussi, aimerait bien voir rouvrir. Sa grand-mère l’a tenu avant sa mère. Elle grouillait de monde. "Tous allaient boire un coup chez Zetie, à tel point que je devais me planquer pour faire mes devoirs ?!" Derrière, se trouvait l’atelier de son grand-père sabotier. Il y en avait un second plus haut dans le bourg. Puis un charron, un forgeron et même un bureau de tabac.

 

 

À l’époque, les habitants étaient surnommés les Gouyoux car ils s’affrontaient avec les Tétarots, les jeunes de Colondannes. C’était un peu la guerre des boutons, version ouest creusois. "Ils se castagnaient au bord de la Cazine."

La rivière n’est pas bien loin en effet ; un sentier permet de rejoindre le site classé des Combes de la Cazine ainsi qu’un pont, le pont du “Peyrat” ou “Perrat”... Le maire ne sait pas trop comment l’écrire à vrai dire. Les publications sur le village sont inexistantes. C’est pourquoi une poignée de Bridereixois tente d’y remédier.

 

 

 

Parmi eux, Édith Goudard, estime qu’il y a urgence à recueillir les témoignages des anciens. "Nous menons tout un travail de mémoire et de réflexion autour de l’habitat, du patrimoine et du paysage avec l’Université du paysage du pays Ouest Creuse et le CAUE (Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement)." L’objectif : permettre aux habitants de mieux connaître leur village, de reprendre possession des lieux.

S’arrêter. Regarder et partager, tels sont les maîtres mots de ces habitants et du maire qui tentent de redynamiser la petite commune. De retisser du lien.

 

 

 

Les rintanières fêtent le jardin et la nature

Ce dimanche 14 mai 2017 aura lieu la 8e édition des Printanières, la Fête des jardins et de la nature à Saint-Léger-Bridereix.

Le rendez-vous est né dans la tête de passionnés de jardins. "On s’est dit que ce serait bien de donner quelques conseils ou tuyaux, explique l’une des organisatrices Edith Goudard. On a couplé avec des exposants, histoire de pouvoir mieux échanger sur les questions du jardinage mais aussi de l’impact de l’homme sur l’environnement."

Très vite la manifestation a pris de l’ampleur : pratiques de jardinage, faune et flore, environnement, mais aussi villages des initiatives citoyennes, recyclage, conférences, marché et de nombreux ateliers, tout est fait pour que chacun puisse apprendre des choses et les mettre en pratique en rentrant chez lui.

L’an passé, la manifestation avait attiré 5.000 personnes dans la commune. L’entrée est gratuite, de 9 à 19 heures avec restauration sur place et des ateliers (détournement d’objets, dessiner son jardin, atelier anti-gaspillage, fabriquer ses produits d’entretien…) dès 10 heures sans oublier une thématique autour de la permaculture dans notre quotidien.

Virginie Mayet

 

 

 

La ige, une monnaie locale pour la reuse

En tout, 8 200 billets de cette nouvelle monnaie seront mis en circulation ce dimanche 14 mai 2017 en Creuse. Elle doit encourager les échanges locaux et permettre de redonner à la monnaie son sens premier : un moyen de paiement et pas de spéculation.

Rien à voir avec un abandon éventuel de l'Euro :la Mige est une "monnaie locale complémentaire", comme il en existe déjà d'autres en France. Elles sont autorisées sous certaines conditions, encadrées par une loi de 2014. Cela fait 3 ans que la monnaie creusoise est en gestation, elle sera mise en circulation ce dimanche lors des Printanières de Saint-Léger-Bridereix. En tout, 8 200 billets de Mige vont être mis à disposition dans des bureaux de change (essentiellement dans des bureaux de tabac ou auberges).

Le principal objectif d'une monnaie locale, c'est de favoriser les échanges locaux, entre des habitants et des commerçants ou producteurs d'un territoire défini, en l'occurrence l'ensemble du département de la Creuse. Pour pouvoir utiliser cette monnaie, il faut d'abord signer une charte de valeurs, adhérer à l'association POMOLOC, "Pour une monnaie locale complémentaire en Creuse", moyennant une petite participation.

On peut ensuite récupérer des billets, en les échangeant avec des euros : un euro pour un billet d'une Mige, 50 euros pour 50 Miges, on les dépense chez tous ceux qui l'acceptent. Pendant ce temps, les Euros qu'on a confiés à l'association sont mis dans un pot commun dans une banque éthique, et vont servir à financer des projets locaux. Pour pousser la logique locale jusqu'au bout, l'association POMOLOC a fait participer des étudiants en design de La Souterraine qui ont imaginé le graphisme des billets, et ces derniers ont été imprimés à Limoges.

Par ailleurs, la Mige, qui signifie "Miette", est une monnaie qui ne peut pas s'épargner, ne peut pas faire d'intérêt, c'est un moyen de s'extraire d'une logique de spéculation pour retrouver le sens premier de la monnaie, expliquent ses partisans.

Audrey Tison - France Bleu Creuse

“Le maraîcher d'à côté vous le payez en Miges et lui se fournit en Miges", explique JF Donzet de l'association POMOLOC.

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