ues anciennes et récentes de St Léger de ontbrun

 

 

 

 

St Léger de ontbrun, une mairie pour huit illages

Ci-dessous un article de la Nouvelle République en date du 12 février 1989 :

"A l’est de Thouars, s’étend Saint Léger de Montbrun, une vaste commune éclatée en huit bourgs. Aujourd’hui, on inaugurera à Vrères la nouvelle mairie.
Inutile pour l’automobiliste de chercher Saint Léger de Montbrun. Il n’y trouvera pas de village correspondant à ce nom. A l’est de Thouars, on arrive à Puyravault, l’un des plus gros villages de la commune. Plus loin se dessine Vrères, le bourg, qui comprend la mairie et la nouvelle salle socio-éducative, qui fait le bonheur du club du troisième âge.
Plus au sud, c’est Orbé, un village encore plus peuplé et qui possède l’école maternelle de la commune. Restent cinq autres hameaux, de cinquante à soixante habitants environ, Meulle, Tillé, Chenne, Daymé, et Rigny.

Tel est St-Léger de Montbrun, difficile à gérer pour une équipe municipale à cause des difficultés géographiques et également peu fortunée en raison d’une absence d’entreprise (à l’exception de la scierie d’Orbé) sur le territoire de la commune.
C’est aussi la seule commune annexe à Thouars qui n’appartient pas au district, sans doute parce qu’elle est plus rurale que les autres.
"Ici nous n’avons pas les atouts de Louzy", raconte Pierre Faucher, instituteur et secrétaire de mairie. "La taxe professionnelle représente 5% des revenus de la commune". Une contrainte financière qui n’altère pas la bonne volonté des responsables de la commune, soucieux de mettre en œuvre une politique d’amélioration du cadre de vie.

A Saint Léger, la population est en phase de croissance. L’école publique qui compte 157 enfants possède 6 classes et les perspectives ne semblent pas remettre en cause leur existence, bien au contraire. En une dizaine d’années, la population a augmenté pour atteindre 1 100 personnes environ aujourd’hui.

Une mairie moderne
Claude Guéret, maire, qui brigue un nouveau mandat, a d’autres projets pour sa commune : "La rénovation de la mairie était une nécessité."
Désormais (les travaux se sont terminés en octobre), les habitants qui y viennent disposent d’une salle d’attente. Les équipements sont plus modernes, plus aérés et le bureau du maire, situé à la place de l’ancien secrétariat, devient du même coup plus spacieux.
Des conditions de travail bien meilleures qui s’accompagnent de capacités d’accueil plus agréables. Enfin, vue de l’extérieur, la nouvelle mairie possède une certaine allure.
La partie administrative n’est plus sous l’axe central, mais à gauche à la place de l’ancien préau de ce bâtiment qui, il y a une douzaine d’années, était encore une école.

Dans les projets de la commune, figure en premier lieu la réfection du terrain de football : "Nous allons doubler les bâtiments pour améliorer les vestiaires et refaire le terrain."
La municipalité prévoyante a procédé à l’acquisition d’un terrain d’un hectare qui devrait servir aux footballeurs de façon provisoire, avant que le complexe sportif soit opérationnel."

L .Lesage

 

 

carte postale ayant voyagé en 1924

 

 

Saint éger où vint prier un roi de rance

"Isolée au milieu des terres au sommet de la butte de Montbrun, l'église Saint-Léger et son cimetière dominent la plaine thouarsaise.
Au VIIe siècle, Léger, alors abbé de Saint-Maixent, aurait, dit-on, construit un oratoire sur la colline, à l'emplacement d'un petit temple dédié à quelque divinité romaine.
S'en revenant de Jérusalem avec Guillaume de La Trémoïlle, des Templiers y construisirent une "grange" ou maison domaniale.
En 1242, le roi Saint-Louis, partant en guerre contre les Anglais et le comte de la Marche, fit halte à Montbrun. Après avoir prié avec les Chevaliers au Blanc Manteau, il s'en fut battre, à Saintes et à Taillebourg, les ennemis de la France.
Au cours des guerres de religion, en 1568, les protestants incendièrent l'église. Il n'en resta que le chœur.
Les Fontevristes restaurèrent l'édifice et lés Génovéfains, venus du Petit Bandouille, prieuré voisin, y assurèrent le service religieux.
Vint la Révolution et ses brûleurs d'églises. Après le passage des iconoclastes ne restaient de Saint-Léger que le chœur et le clocher accolé d'une élégante tourelle d'escalier.

En 1619, grâce aux libéralités de Léon Aubineau, seigneur de Rigny, l'église, comme l'atteste une inscription gravée dans la pierre, fut reconstruite sur un terrain lui appartenant.
Divers travaux, depuis lors, et jusqu'à une période récente, ont assuré la conservation de cet intéressant édifice intérieurement restauré.
Des reliques du saint Léger qui, de par sa mère Sigrade et Didon son oncle, appartenaient à l'aristocratie poitevine et qui en 678 eut la tête tranchée, sont conservées â Montbrun. Elles y sont spécialement vénérées lors du pèlerinage annuel de septembre.

Une antique cloche provenant de l'église, l'une des plus anciennes ayant survécu dans les Deux-Sèvres, fut découverte en 1887 en labourant d'anciens marais.

En lisière du parc du château d'Oiron, le prieuré de Notre-Dame-des-Bruyères avait pour présentateur l'abbé de Saint-Laon-de-Thouars. A la fin du XVIIe siècle, son revenu s'élevait à 800 livres."

Histoire des communes des Deux-Sèvres - le Pays Thouarsais
par Maurice Poignat / éditions Michel Fontaine - 1985

 

 

 

 

 

 

 

l'église sur la butte de Montbrun

 

 

 

 

©Francis Gardeur - http://photovuduciel.com

 

 

ontbrun : l'église aux neuf ameaux

article de la Nouvelle République en date du 20 juillet 2011 :

"A l'écart des routes à grand passage, l'église de Montbrun attire le regard au sommet de sa butte.
La commune souhaite la valoriser.

Comme un Golgotha sans vendredi saint : à 90 m sur son promontoire, l'église Saint-Léger domine la plaine du Thouarsais. Gentiment, sans hostilité. Ici, la terre s'élève doucement pour ne pas choquer le paysage. Le monument, baigné par les vents, est cependant ostentatoire : depuis la butte du Petit Peu, elle donne au panorama une allure de carte postale.

Jean-Jacques Petit : "L'église est l'identité de notre commune"

Injustement ignorée, car à l'écart des grandes voiries, l'église qui est associée à son cimetière combine sans heurt ni faute de goût l'art roman du XIIe siècle et l'art gothique. C'est un édifice sur laquelle les élus de Saint-Léger-de-Montbrun veillent avec un soin jaloux :
"Nous venons de refaire la toiture en ardoise et l'intérieur avait été rénové il y a 14 ans. Pour ces deux opérations, ça a coûté 66 000 , résume Jean-Jacques Petit, le maire de cette localité de 1 200 habitants. Nous envisageons de la faire inscrire à l'inventaire des monuments historiques car elle n'est pas classée. Mais elle compte beaucoup pour nous sur le plan du patrimoine."
L'église, qui conserve les reliques de saint Léger et qui reçoit quelques mariages et quelques enterrements, est aujourd'hui un édifice fédérateur. Car elle rassemble les neuf hameaux d'une commune éparpillée. Si Vrères accueille la mairie et le centre socioculturel (et une chapelle), Orbé, Tillé, Chenne, Puyraveau, Daymé, Rigny, Meulle, Beauvais réclament un statut égal. En bref, Saint-Léger-de-Montbrun est une succession de lieux-dits dont l'église constitue une sorte de totem identitaire. Un emblème."

Dominique Hérault

 

 

http://fr.wikipedia.org

 

 

 

 

http://www.trekearth.com

 

 

Voici ce que dit "Le Petit Futé Niort 2008" de Saint-Léger-de-Montbrun :

"Il n'existe pas de bourg de Saint-Léger-de-Montbrun.
La commune, à 6 kilomètres à l'est de Thouars et non loin du département de la Vienne, est constituée d'une réunion de hameaux : Orbé (le plus peuplé), Bourg-Neuf, Tillé, Meulle, le Haut-Orbé, Puyravault, Rigny et Vrères (où se trouvent la mairie et la chapelle paroissiale avec son clocher-mur à deux arcades et son unique cloche).
L'autre église de la commune, l'église Saint-Léger, isolée au sommet de la butte de Montbrun, domine avec son cimetière la plaine thouarsaise.
Aux lieux-dits La Grosse Borne et Le Champ des Pierres s'élevaient autrefois des mégalithes. Il ne subsiste que deux dolmens dont le mieux conservé, la Pierre Levée de Puyravault, est un curieux monument très bas comprenant une dalle trapézoïdale longue de 4 m, épaisse de 45 cm, couvrant une chambre à demi enterrée."

Ajoutons ce que dit le site communal http://www.st-legerdemontbrun.fr au sujet des dolmens :

"Ces 2 dolmens ont été classés en 1971.
Situés dans la plaine, à 100 m au nord de la route Thouars / Puyravault, ils sont séparés par un petit chemin.
De très nombreux objets ont été découverts à proximité de la Pierre Levée : fragments de poteries décorées, flèches, pointes de flèches, haches, outils en os ou en bois de cerfs, bijoux, pendeloques et plusieurs vases de formes diverses."

 

 

le dolmen de Puyravault, ou Pierre Levée

 

 

 

 

à nouveau le site mégalithique de la Pierre Levée - photo prise par Père Igor http://commons.wikimedia.org

 

 

 

 

 

 

 

 

cueillies pour vous d'Orbé

 

 

le fils du seigneur de eulle pendu à aris

"Renaud de Velort, fils cadet du seigneur de Meulle, était en 1469 échanson de la maison de Louis XI, importante fonction qui lui rapportait bien davantage que ses gages annuels de 300 livres.
Après avoir fait partie des 100 gentilshommes de la chambre du roi, il prit du service près de Charles, duc de Calabre, comte du Maine, qui fit de lui son chambellan et le capitaine de ses archers.
Compromis dans la conspiration de 1475 ayant pour objectif de se saisir du roi et s'emparer de la direction du gouvernement, il fut, raconte l'auteur de la Chronique Scandaleuse, condamné pour crime de lèse-majesté royale à être écartelé en place publique sur la roue. Le bourreau et ses aides pendirent ensuite son corps pantelant au gibet de Paris et sa tête fut promenée aux Halles au bout d'une lance."


"Aux Velort, seigneurs de Meulle au XVe siècle, succédèrent Louis Gouffier, duc de Roannais, le duc de la Feuillade, Jean Cochard, Charles Aubineau qui en rendit aveu en 1715, et Charles-François Bunault comme héritier de Marie Aubineau, sa mère.
Charles-Louis Bunault de Montbrun, son petit-fils, né au château de Rigny en 1752, termina sa carrière militaire comme maître de camp. Il participa en 1789, à Poitiers, à l'assemblée de la noblesse du Poitou. En 1791, il émigra et servit à l'armée des Princes. En 1816, Louis XVIII le nomma grand prévôt d'Angers.
Son fils Alexandre-Nicolas, dit le comte de Montbrun, combattit vaillamment sous l'Empire. Il était à Wagram et participa à la campagne de Russie."


les autres fiefs de la commune

Rigny - Le domaine appartint aux de Chambret, Bouillonnet, Destouches, Dénoue, Charrier, Lhommedé, Joubert, Pesseu, Bunault, Chassereau.

Beauvais - Ce fief, dont subsistent les vestiges d'un curieux château, une tour et des restes de murailles crénelées jadis décorées de médaillons, était possédé au XVIe s. par Guillaume Aubrudeau, également seigneur de la Voirie. Lui succédèrent après les Chambret, François Monbielle, les de Touvois et les Frère jusqu'au début du XIXe siècle.

Orbé appartint aux Guerry (fin du XVe siècle), aux Achard, de Couly et aux Chabert jusqu'à la Révolution.

Les autres fiefs de Saint-Léger-de-Montbrun étaient le Breuil, Villiers, la Riollière, Maguis, la Plissonnière, Chennes et Puyravault que posséda Jacques Gauvain, procureur du duché de Thouars, inhumé en 1627 en l'église Saint-Médard.

Histoire des communes des Deux-Sèvres - le Pays Thouarsais
par Maurice Poignat / éditions Michel Fontaine - 1985

 

 

Vrère - intérieur de la chapelle

 

 

 

 

u château de igny vécut une comtesse au destin tragique

4 mai 1897 : Installée au château de Rigny près de St léger de Montbrun, la châtelaine meurt dans l’incendie du Bazar de la Charité.

Née à Tours en 1850, Jeanne Emilie Odart de Rilly d’Oysonville grandit non loin des bords de Loire.
Du côté paternel, ses racines la rattachaient à l’Anjou et à la Beauce.
Par sa mère, née Villeneuve-Guibert, elle grandit d’abord au château de Chenonceaux, propriété de ses aïeux, puis au château de La Carte à Ballan-Miré.

Mariée en 1870 à Édouard Haward de La Blotterie, sous-préfet, elle accompagne son époux au gré des ses affectations – Loudun, Issoudun, Fontainebleau, Douai – avant de devenir préfet des Landes puis de l’Aveyron.
C’est dans ces villes que naquirent leurs quatre filles.
Après ces périples, le ménage loua de nombreuses années le château de Rigny, lieu qu’elle affectionnait beaucoup, près de Thouars, non loin du berceau familial sis à Loudun, et acquit à Paris un hôtel au 53 de la rue Boissière.

Partageant son temps entre Paris et le Poitou, elle rejoint la capitale quelques jours plus tôt pour assister à cet évènement mondain.

Ce mardi 4 mai 1897, toute la bonne société parisienne se presse rue Jean Goujon, entre la Seine et les Champs Elysées, pour le fameux Bazar de la Charité fondé en 1885.
Cette vente de bienfaisance annuelle, assurée par les dames de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, attire chaque année une foule immense et permet de récolter des fonds pour les plus démunis.
Plus de mille personnes se pressent au Bazar. On a même prévu en attraction une projection cinématographique, ce procédé inventé quelques mois auparavant par les frères Lumière.

Vers 16h15, la lampe à éther du cinématographe s’embrase. Rapidement, les flammes se propagent aux décors, aux toiles peintes et à la charpente du hangar de bois.
En quelques minutes, le bâtiment est en flammes et la panique est totale.
125 victimes, principalement des femmes et des enfants, périssent dans la tragédie.

La comtesse de la Blotterie meurt étouffée dans l’incendie. Sa disparition laisse un époux et quatre filles affligés.
Sa terre recueillit ses cendres et elle fut inhumée quelques jours plus tard dans le caveau de l’église de la Bonne-Dame de Ranton dont le terrain avait été donné par les ancêtres de son mari.
Ce dernier interrompit ses séjours à Rigny où sa femme avait été si heureuse et se retira à Lyrec sur la paroisse de Bignoux, où il survécut plus de trente années à sa femme.

Sa fille aînée, Andrée, entra dans la compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul.
Des trois autres de leurs filles, l’une devint la marquise de Razilly, une autre resta célibataire, toutes deux demeurant poitevines, la dernière épousa un belge, Charles Lejeune de Schiervel.

Bulletin municipal paru en janvier 2019

 

 

le château de Rigny à nouveau

 

 

le château de Rigny de nos jours

 

 

©Francis Gardeur - http://photovuduciel.com

 

 

la mort tragique d'une hâtelaine de igny

"De style Renaissance, le château de Rigny a été à plusieurs reprises restauré et remanié. Dans sa chapelle, avant la Révolution, 58 messes et 2 services étaient annuellement célébrés, ce qui rapportait 40 livres au curé desservant, 3 livres au vicaire et 3 livres également au syndic de la paroisse.

Le domaine, après avoir appartenu aux Aubineau pendant un peu plus de 100 ans, passa vers la moitié du XVIIIe siècle aux Bunault. Né en 1752 au château de Rigny, Charles-Louis Bunault termina sa carrière militaire comme maître de camp. Il participa, en 1789, à l'assemblée de la noblesse du Poitou, émigra en 1791, servit à l'armée des Princes et fut nommé Prévôt d'Angers en 1816. En son absence, le château fut occupé par les Vendéens qui, en 1793, y entreposèrent des vivres saisis à Thouars, notamment de la farine.

Le 4 mai 1897, la comtesse Jeanne Marie Haward de la Blotterie, née Odart de Rilly, épouse d'un ancien préfet, fut à Paris l'une des 100 et quelques victimes du tragique Incendie du Bazar de la Charité, association philanthropique présidée par la comtesse d'Alençon, sœur de l'impératrice Elisabeth d'Autriche."

Histoire des communes des Deux-Sèvres - le Pays Thouarsais
par Maurice Poignat / éditions Michel Fontaine - 1985

 

 

4 mai 1897
la soeur de l'mpératrice issi flambe dans l'incendie du Bazar de la Charité

article de http://www.lepoint.fr, signé Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos, en date du 4 mai 2015

"La duchesse d'Alençon, épouse du petit-fils de Louis-Philippe, périt avec 125 membres du gotha parisien lors d'une vente de bienfaisance.

En fin d'après-midi, ce 4 mai 1897, une odeur de chair grillée se répand dans le 8e arrondissement de Paris. Cette odeur horrible odeur provient d'un incendie qui embrase le Bazar de la Charité, au 17 de la rue Jean-Goujon, où se déroule une réunion de bienfaisance. Le hangar en bois de 1 000 m² abritant la vente s'est brutalement enflammé, piégeant toutes les dames de la haute dont les longues robes se transforment en torches. Hurlements de terreur ! Sauve-qui-peut général ! Agonies terribles ! Qui sème la charité récolte l'incinération. Et Dieu dans tout ça ? Comme d'habitude, il tourne pudiquement les yeux ailleurs...

Pourtant, cette journée avait merveilleusement bien débuté. Dès le matin, la foule de précipite dans le Bazar où les architectes ont reconstitué une rue de Paris au Moyen Âge, avec ses éventaires, ses échoppes aux enseignes farfelues, ses étages en trompe-l'oeil et ses murs tapissés de feuillages et de lierres. Les enseignes rappellent les temps anciens : "À la truie qui file", "Au lion d'or", "Au chat botté"...

Au total, 22 stands proposent lingerie, colifichets et objets en tout genre collectés pour la grande vente. Tous les bénéfices doivent être reversés aux pauvres, aux invalides, aux orphelins. En début d'après-midi, le hangar se remplit à vue d'oeil, près de 1 200 personnes sont déjà là. Surtout des femmes qui adorent, une fois par an, donner un peu de leur fric pour soigner leur réputation. Rien de nouveau sous le soleil. On reconnait Son Altesse Royale la duchesse d'Alençon, épouse du petit-fils de Louis-Philippe Ier, soeur cadette de Sissi l'impératrice. Mais aussi la duchesse de Vendôme, la duchesse d'Uzès, la marquise de Saint-Chamans, la comtesse Greffulhe, la générale Février, la marquise de Sassenay, Carla Sarkozy, Valérie Trierweiler... Bref, tout le gratin, la jet-set française.

 

 

L'allumette fatale

Pour ravir les aristos, le baron de Mackau, président de l'organisation caritative, a cru bon d'accueillir le tout nouveau cinématographe des frères Lumière. Chouette ! La salle de projection est installée dans une sorte d'appentis en bois, adossé au hangar, où, pour cinquante petits centimes, on peut assister à la projection de "La sortie des usines Lumière à Lyon", de "L'arrivée du train en gare de La Ciotat" et de "L'arroseur arrosé". Seulement voilà, l'entrepreneur Normandin, chargé des représentations cinématographiques, fait la gueule. Depuis deux jours, il se plaint du réduit mis à sa disposition pour abriter l'invention du siècle, alors qu'un espace immense est consacré à la vente de ces fichus chiffons de bonnes femmes. À peine a-t-il assez de place pour loger ses appareils, ses bidons d'éther, ses tubes à oxygène, ses boîtes, ses bouteilles, tous très inflammables. Il s'est même demandé à un moment si le projectionniste et son assistant n'allaient pas finir sur les genoux des spectateurs.

Peu après 16 h, la duchesse d'Alençon confie à une de ses voisines, Mme Belin : "J'étouffe..." Celle-ci lui répond : "Si un incendie éclatait, ce serait terrible !" Elle brûle sans le savoir : moins d'une demi-heure plus tard, dans la cabine du cinématographe, la lampe du projecteur qui brûle de l'éther est à sec. M. Bellac, le projectionniste, entreprend de faire délicatement le plein quand son assistant, Grégoire Bagrachow - un ancien bonze tibétain - ne trouve rien de mieux à faire que de craquer une allumette. Erreur fatale. Les vapeurs d'éther s'embrasent instantanément. Les deux acolytes tentent péniblement de contenir les flammes. Autant demander aux eaux de la mer Rouge de reculer.

Effondrement

Le duc d'Alençon, qui accompagne son épouse, est discrètement alerté de l'incendie. Aussitôt, il commence à faire évacuer des centaines de personnes par l'entrée principale. Soudain, un rideau du hangar prend feu. En quelques secondes, les flammes se propagent à tout ce décor fait de bois blanc, de carton et de velum goudronné, agrémenté de tapisseries, de tentures, de dentelles, de rubans. Que de belles textures pour ravir les flammes !

Le calme cède à la terreur. Les femmes se prennent les pieds dans leurs longues robes, celles qui tombent finissent piétinées par la horde de fuyards hurlants qui se précipitent vers la sortie. Le hangar se transforme en brasier. Certains invités, voyant la sortie totalement bouchée, rebroussent chemin pour essayer de s'enfuir par la cour intérieure. C'est le cas de la duchesse d'Alençon, qui a voulu rester pour aider quelques personnes à sortir. Mais la cour se révèle un mortel cul-de-sac, car elle donne sur les cuisines de l'hôtel du Palais, dont toutes les fenêtres sont dotées de barreaux. Les cuisiniers parviennent à en desceller quelques-uns, permettant ainsi à une poignée de personnes de s'échapper. À l'intérieur du hangar, le faux plafond en velum goudronné s'effondre enflammé sur la foule. Un plombier nommé Piquet et un vidangeur nommé Dhuy, passant par là, se précipitent courageusement dans le Bazar de la Charité pour secourir de nombreuses femmes et des enfants. "Deux bras se tendaient vers moi. Je les saisis, mais il ne me resta dans les mains qu'un peu de peau brûlée et un doigt" racontera Piquet au Petit Journal. Ceux ou celles qui sont restés piégés à l'intérieur se transforment en torches vivantes et se tortillent avant de tomber au sol, carbonisés au milieu des décombres calcinés. Quinze minutes après le début de l'incendie, l'édifice s'effondre déjà.

 

 

Peines de prison avec sursis

À l'extérieur, les pompiers s'efforcent d'éviter que l'incendie ne se propage aux bâtiments voisins. Dans la foule épouvantée, le duc d'Alençon cherche sa femme. En vain. Elle n'a pas réussi à s'enfuir. Son corps méconnaissable sera authentifié ultérieurement grâce à sa sublime denture et à un bridge en or. Ce jour-là, faire la charité coûte la vie à 126 personnes et des brûlures graves à plus de 250 autres. Les victimes sont essentiellement des femmes. Alors qu'au moins deux cents beaux mâles se pavanaient dans le Bazar, les victimes masculines se comptent sur les doigts d'une seule main ! Et encore, il s'agit de trois vieillards, d'un portier de 12 ans et d'un médecin. Les autres n'ont pas hésité à piétiner ces dames pour s'en sortir vivants. Les lâches ! Les journaux à grand tirage s'emparent du drame, glorifiant les deux ou trois véritables héros et ironisant sur tous les autres, les "chevaliers de la Pétoche" ou les "marquis de l'Escampette". C'est comme si Brad Pitt s'était tranquillement barré sur la pointe des pieds en laissant cramer son Angelina Jolie dans le Bunker du Festival de Cannes en proie aux flammes. Impensable.

Une fois le gratin roussi, on cherche le coupable. Les conspirationnistes débordent comme toujours d'imagination. Pour certains, c'est un attentat perpétré par un pays étranger. Pour d'autres, c'est forcément la faute d'un juif. Le pauvre Michel Heine, qui a gracieusement mis à disposition son terrain pour accueillir le Bazar de la Charité, est montré du doigt. La calomnie est de très courte durée. Les causes de l'incendie sont formellement établies après l'interrogatoire des employés des frères Lumière, qui avouent leur maladresse. En août suivant, ils écoperont tous deux de peines de prison, mais avec sursis, car ils ont eu une attitude très courageuse pour sauver des vies pendant l'incendie. C'était quand même la moindre des choses."

 

Sources et liens :

 


 

Ardéchois (au coeur fidèle) de St Lager-Bressac, Henri se fait - et nous fait - plaisir en sillonnant la France, la Belgique et la Suisse à la découverte des 73 Saint Léger. Voici quelques-uns de ses clichés datant d'août 2012 :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

à découvrir :

• le curieux château de Beauvais
• la butte de tuffeau du Petit Peu de Montbrun
• l'église Saint-Léger-de-Montbrun
• les bois, les bosquets et les vignes
• hors circuit, deux dolmens au lieu-dit La Pierre Levée

 

à découvrir :

• le château de Rigny
• le château de Beauvais
• l'église de St-Léger-de-Montbrun
• les bois de Rigny et ses magnifiques chemins

 

 

les dolmens de Puyraveau
du dépôt de munitions au parc d'énergies renouvelables
photos de classe

  

erci de fermer l'agrandissement sinon.

 

 

http://www.stleger.info