Chaque
cimetière, dans la plupart des paroisses, possédait une
grande croix qui rappelait le lieu sacré où toute
personne pouvait trouver asile et protection, ou reposer en
paix.
Par ailleurs, tout
au long des chemins, les croix constituaient des signes et des guides
pour les pèlerins, elles étaient en bois en pierre, en
granit ou quelquefois en fer forgé. Elles montrent la
ferveur de la foi de nos ancêtres.
Ces croix pouvaient être des croix de protection (croix de
peste) comme c'est sans doute le cas de la croix Godard, des croix de
pèlerinage qui bordent d'anciens chemins, mais il en existe
aussi qui ont été érigées pour faire
mémoire d'une mission comme c'est le cas à Saint Ursin
près du château de la Sanguinière. Dans certains
cas, les croix peuvent avoir eu des fonctions différentes
comme les croix mémorielles dont l'origine est aujourd'hui
plus ou moins oubliée, c'est le cas de la croix Liron. Enfin
certaines croix ont été mises en place pour fixer les
limites territoriales des communautés religieuses comme celle
dite "la croix verte".
Certaines de ces
croix ont servi de reposoir lors de fêtes religieuses comme
celle des Rogations, ou de station où le mort était
béni avant d'aller vers l'église. Si certaines communes
peuvent se vanter d'en posséder un nombre important, à
Saint Léger nous n'avons pu en retrouver que trois : celles du
cimetière, de la croix Godard et la croix Liron en limite avec
Saint Ursin, bien que certains champs en mentionnent d'autres comme
aux Costils qui ont disparu car elles étaient probablement en
bois.
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photographie
prise en 1990
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et
en 1907
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Cette croix en
granit date en grande partie du XVIIe siècle, mis à
part le croisillon qui est du début du XIXe. Posée sur
une base de trois emmarchements et d'un dé carré
à angles griffés, le fût est composé
lui-même de 3 éléments.
Le croisillon a été mis en place lors de sa
restauration puisque les révolutionnaires l'avaient
brisé. Le maire de Saint Léger Jean-Nicolas
Lecoupé fit rétablir cette croix à ses
frais.
Sur son socle
figure la date de 1908 gravée postérieurement qui
pourrait correspondre au cinquantenaire des apparitions de la Vierge
à Lourdes. De nombreuses fêtes mariales eurent lieu en
effet dans toute la France.
En 1970 fut refait le socle du calvaire du
cimetière.
Cette magnifique
croix date de la fin du XVIe ou du début du XVIIe. Elle est en
granit avec un fût octogonal à boules, et un croisillon
avec un Christ sculpté.
Les boules
situées le long du fût en granit pourraient signifier
qu'il s'agit d'une croix de peste qui aurait eu pour fonction,
dit-on, d'éloigner ce fléau, ces boules étant la
représentation des bubons, ganglions lymphatiques que les
malades voyaient apparaitre sur leurs corps (peste bubonique).
La première peste de ce type appelée la "peste noire"
apparut en Europe au XIVe siècle et fit disparaître plus
d'un tiers de la population.
A titre d'exemple, à la Haye Pesnel en 1270 vivaient 88 feux
soit 440 personnes, et en 1400 il ne restait que 58 feux soit 290
personnes. A Saint Pair en 1270 : 316 feux et en 1365 il ne restait
que 27 feux.
La peste ne disparut qu'à la fin du XIXe, grâce à
un vaccin .
La croix Godard ne
se trouvait pas initialement à l'endroit où on peut la
voir aujourd'hui. Elle se situait en contrebas dans un champ
nommé la Trasserie, mais le 13 mai 1860 eut lieu un
échange de terrains entre le curé Prosper Guilbert, qui
en était propriétaire, et la commune.
Cet échange était le résultat d'une
volonté d'élargissement et de redressement du chemin
qui allait de l'abbaye au village de Pestour. L'Abbé Guilbert
accepta de céder le terrain nécessaire mais demanda en
compensation la portion de l'ancien chemin. C'est ainsi que la croix
prit place où elle se trouve de nos jours. Elle est
malheureusement fragilisée par l'entretien des fossés
avec les broyeurs qui dégradent par érosion les talus
en dessous.
Prosper Guilbert
était propriétaire de cette croix au droit de la
famille Godard. Celle-ci descendait d'un maréchal venu de
l'Orne qui avait épousé Margueritte Lepestour et c'est
probablement les Lepestour qui étaient à l'origine de
l'érection de cette croix mais elle prit alors le nom de croix
Godard. Rappelons que la famille Lepestour était une famille
importante qui a donné des prêtres et des vicaires
à Saint Léger et aux paroisses voisines. Elle disposait
de moyens puisqu'au chapitre de l'église nous avons pu
découvrir qu'un membre de cette famille avait fait don
d'objets religieux.
Cette croix
était située au bord du chemin très ancien qui
venait du Pas de Cuillé (selon les actes : pas de Quilly ou
d'Equilly) et qui allait en direction du Repas en passant par la
Berquerie, la Foulonnière, la Tourcanderie. Ce chemin sert de
séparation aux communes de Saint Ursin et Saint Léger.
La croix se trouvait sur le talus côté Saint
Léger
La croix initiale
était sans doute en bois sur un socle en granit aux angles
ébrasés. Probablement à la fin du XIXe, la croix
en bois fut remplacée par une croix en fonte et, celle-ci
ayant été cassée, les débris sont
restés sur place. Cette première croix Liron fut
établie sur la commune de St Léger comme en
témoigne le cadastre de 1825.
En face de cette
ancienne croix fut érigée de l'autre côté
du chemin sur la commune de Saint Ursin une seconde croix telle
qu'elle existe aujourd'hui. Cette croix appartenait à la
famille Letourneur puisqu'elle porte la mention : "fait faire (FF)
par Patrice Letourneur de Saint Ursin en 1889."
Or cette croix se coucha au bout de plusieurs années, et
Bernard Servot, avec l'aide de Michel Lerbourg maire de Saint Ursin,
décidèrent de la relever. C'est en la
déplaçant de quelques mètres pour la mettre de
l'autre côté du chemin qu'ils redécouvrirent les
restes de la première croix dite croix Liron. Le chemin
d''accès à cette croix fut réouvert par les
bénévoles de l'Association "Des boucles et des sabots"
de Saint Léger.
Histoire de la
Croix "dite Liron" actuelle :
L'origine de la croix semble avoir été un accident
survenu à un enfant d'une dizaine d'années qui aurait
été écrasé par un tombereau à une
date qu'il ne nous a pas été possible de retrouver avec
certitude.
Il pourrait s'agir de Henri Leguerrier, décédé
le 7 mars 1887 à l'âge de 7 ans chez ses parents
à la Gauterie, village juste à côté.
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croix en
fonte de la fin du 19e retrouvée brisée sur
place
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le
socle ancien qui portait la croix originelle
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La croix Liron
à l'origine :
Cette 1re croix Liron fut sans doute érigée par la
famille Liron qui possédait une ferme en contrebas du chemin
visible encore sur le cadastre de 1825. Des membres de cette famille
furent trésoriers de la paroisse au XVIIe.
Elle pouvait être une croix de protection située au bord
du chemin de pèlerinage.
En 1929 eu lieu le
15 septembre après les vêpres une procession à la
croix Liron avec le curé de Saint Léger.
La Croix du moulin
de Vaucelle :
Un autre petit calvaire a été érigé non
loin du moulin de Vaucelle à partir d'une croix de chemin
très ancienne. Cette croix a été mise en place
pour commémorer la présence de la famille Lahuppe
arrivée dans ce lieu comme meuniers vers 1775 et faire aussi
mémoire en particulier d'un membre décédé
de cette famille.
Une autre croix
devrait être mise en place en 2025, sur le chemin qui, passant
derrière le moulin, se dirige vers le village de la Locherie
en St Ursin, sur un champ nommé le champ de la Croix du
Moulin. Elle remplacera une autre croix en bois
disparue.
Un autre champ
portait le nom de "Champ de la Croix" et appartenait à la
famille Decauville.
Patrick
Lahuppe - 2025
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là,
des cartes postales
anciennes
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des
photos de classe
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"J'étais
fermière à
Chausey"
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des
vues récentes du village
ici
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Trith
St Léger (Nord) en balade
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2014
- les photos de Henri
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erci
de fermer l'agrandissement sinon.
https://www.stleger.info